Chris Rock & son « Good Hair »

2009 novembre 17

J’aime bien Chris Rock. Il me fait rire. Et quand je tombe sur « Everybody Hates Chris » à la télé, généralement, je reste bloquée dessus. Je sais pas si c’est pour le décors Brooklyn des années 80, pour ses histoires rocambolesques ou sa voix atypique ; mais il m’est fort sympathique ce jeune homme. Il vient de sortir « Good Hair » un documentaire sur un sujet auquel j’ai jamais osé m’intéresser parce que ça a l’air un peu tabou… Les cheveux des Afro-américaines. Verdict ? Et ben ça m’a bien fait rire et j’ai grave appris. Enfin, il m’a appris ce qu’il a bien voulu nous montrer, à savoir une petite partie de l’afro-iceberg. Maintenant, je sais que Beyoncé a de faux cheveux (longtemps, j’en ai douté), et qu’une extension, made in India chez la coiffeuse de mon quartier, coûte un bras.  Décryptage.

Pour aller voir « Good Hair », faut être motivé. Après 3 semaines, il ne passe plus que dans une seule salle à Manhattan. Pas bon signe. Pourtant dès que j’ai vu la bande-annonce, je me suis dis que ce film était fait pour moi. Pour Chris Rock, certes, mais aussi pour le sujet ; dans le fond ça m’intrigue. A Brooklyn, les business qui marchent le mieux sont les ongles et les cheveux. Les barbershop et salons de coiffures sont tout le temps blindés. Ici, le « Parce que je le vaut bien » est pris à la lettre : le cheveu est une institution.

Alors qu’est ce qui se cache derrière la crinière de ces dames ? Bah pleins de choses… À commencer par des cheveux d’Indiennes. Même si « Envoyé Spécial » a déjà dû traiter le sujet, Chris nous révèle que c’est l’un des business les plus lucratifs du pays. De nombreux fidèles sacrifient leurs cheveux et les donnent au temple du coin, qui les lave, les trie, les vend, puis les exporte. Et ces extensions, (weaves) s’achètent à prix d’or. A base de 1000 doll le truc. Dans le docu, les coiffeuses racontent que des nanas préfèrent avoir leurs cheveux faits plutôt que de payer leur loyer. Côté barbershop, certains mecs avouent devant la caméra avoir renoncé à sortir avec des meufs parce qu’ils savaient qu’ils ne pourraient pas assumer financièrement leurs faux cheveux. (Sourcil gauche levé. Quoi ?) D’autres racontent qu’ils n’ont jamais pu toucher les cheveux de leurs femmes. (Really?) D’autres enfin murmurent préférer les « Blanches » pour ça. Aller hop, on peut lui toucher la chevelure et ça coûte un Fructis par mois ! Bingo. Moi j’suis épatée de voir que les cheveux influencent les rapports humains entre hommes et femmes Afro-américains à ce point !

Pour traiter le sujet, Chris fait aussi appel à ses potos du milieu pour avoir quelques témoignages croustillants. Ice-T m’apprend qu’à une époque, avoir des bigoudis dans les cheveux, c’était gangsta. Les Salt-n-Pepa se souviennent d’une brûlure chimique due au défrisant : l’une d’elle avait du se raser un côté de la tête. (Remember le clip « Push It », bah c’était pas pour le style, c’était pour rattraper les pots cassés !)
Le Révérend Al Sharpton, adepte du défrisage nous confie que sa femme non plus n’a pas le droit de lui toucher les cheveux ! C’est genre un truc tabou dans les couples. On en apprend des belles, et le casting fera plaisir à certains messieurs… On y voit Nia Long (qui jouait Lisa, la meuf du Prince de Bel Air) Raven Symone (« Raven ») et autres beautés un peu fatiguées tout droit tirées des clips RnB sexy des années 90. Ah oui, et Maya Angelou aussi, dans un autre genre.

Ce qui est un peu triste, c’est que même si ce marché engendre des milliards de dollars, ce n’est pas DU TOUT la communauté Afro-américaine qui en profite. A part les coiffeuses qui sont des superstars locales, le reste du business est tenu par des l’Oréal et autres compagnies Européennes et Asiatiques. Grosse carotte. Quant à la moralité du film ? Grosso modo, ça dit que ce qu’il y a au-dessus de la tête n’est pas aussi important que ce q’il y a à l’intérieur. Ok. Mais je ne comprends pas pourquoi dans ces cas-là, il n’a pas donné la parole à des femmes qui assument leurs cheveux au naturel, afro, dread ou crâne rasé, cheveux courts ou brushés. Ou même à des hommes qui aiment ça, les cheveux naturels. C’est comme s’il critiquait sans apporter d’alternative, alors qu’il y en a ! « Tu es Noire donc tu auras de faux cheveux » ! Euh… non ! Ma pote, (Afro-américaine aux cheveux naturels) qui a vu le film s’est sentie roulée. J’la comprends. En plus y’avait pas beaucoup de Renois dans la salle. J’imagine que c’étaient surtout des novices comme moi, qui allaient gober tout ce qu’on leur servait. Au final ils auront cette image des femmes Afro-américaine aux cheveux d’Indiennes qui défrisent la chevelure de leur fille de 3 ans à coup d’acide et cherche un homme riche pour les entretenir parce que manger ou être belle, il faut choisir. Un peu limité quand même. Mais Chris Rock dit ça avec humour. Donc ça passe mieux…

« Good Hair » c’est pourtant un film à voir. J’suis pas sûre que ça s’exporte bien à l’étranger parce que c’est un phénomène supra cainri, mais ça répondra à pas mal de tes questions sur le mystère des cheveux des Afro-américaines. Entre autres tes interrogations d’ado, quand tu es sorti avec LaQuisha en échange culturel à Washington et qu’elle ne voulait pas que tu lui touches les cheveux. Tu croyais que c’était à cause de tes mains moites. Bah non… Elle voulait juste pas que tu défonces sa coupe à 1000 E !

India.Arie I Am Not My Hair

3 réponses leave one →
  1. 2009 novembre 17

    lol tu me fais rire. Secret: meme les filles aux cheveux naturels interdisent a leurs copains de toucher leurs tetes lorsqu’elles viennent de faire un brushing!!!! ;)

  2. 2009 novembre 30

    C’est juste énorme cette histoire !!! Une amie qui habite à NYC également m’en avait parlé mais je n’y croyais qu’à moitié jusqu’à ce que je vois cela lors d’un reportage réalisé au coeur de Paris (pas encore diffusé)… Certaines se collent même des perruques, c’est juste dingue ! Sympa l’article, il va falloir que je me procure le film… :)

  3. 2009 décembre 3

    @Al… Oh well je ne savais pas! Quelle vie pour ces pauvres hommes!
    @Freaky Le film est à voir, j’ai vraiment kiffé! Mais il faut garder l’esprit ouvert et ne pas s’y limiter! Cheers

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