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Le DATE à New York… bah c’est comment ?

3 décembre 2009

Il m’a pas fallu passer beaucoup de temps à New York pour me rendre compte que les différences culturelles faussaient complètement notre approche romantico-française des relations amoureuses. Le simple concept de “sortir avec” quelqu’un se complique une fois l’océan Atlantique traversé. Pourquoi ? Si je te dis qu’on peut flirter avec plusieurs personnes à la fois, ne pas avoir le statut de girlfriend/boyfirend avant 6 à 8 mois ou rompre par texto sans que ce soit mal vu, ça t’étonne ? Bah attend la suite ! Bienvenu dans le monde du DATE new-yorkais !

Venir vivre aux Etats-Unis, y’a pas à dire, c’est un choc culturel. Mais on s’y fait plus ou moins rapidement quand on vient d’une grande ville comme Paris : le métro et ses 26 lignes impressionnent à peine, les prix, convertis en euros sont sensiblement les mêmes, la nourriture n’est pas bonne mais on trouve des perles de restos et des épiceries fines, la mode est un brin plus hype… Et puis la vie culturelle est intense, tout comme le boulot d’ailleurs. Une fois qu’on a pris le rythme, on est lancés ! Le choc n’a pas l’air si violent tu me diras ? Ahah ! Y’a bien un truc qui m’intrigue encore et que j’arrive toujours pas à comprendre, c’est le DATE (prononcer [deïte]). En d’autres termes, les rencards, les flirts, les fréquentations quoi. À New York, c’est tout une mise en scène. Et ce roucoulage codifié est assez relou à décrypter pour les novices Franchouillards que nous sommes. Je vais pourtant m’y risquer…pour ton bien !

Le date, c’est le sport favori de mes amis les New-Yorkais, alors pour mieux comprendre ce concept encore bien flou, j’ai pris rendez-vous avec une experte. Ma pote Jessie. Le date, elle s’y connaît ! D’ailleurs, quand je lui ai proposé qu’on se retrouve dans mon lounge préféré (“Tillman’s” ndlr), elle m’a lâché « Impossible, je viens d’arrêter de dater un mec là-bas, je ne veux pas le voir ». Ça commence bien. Jessie sort d’une longue histoire, elle est intelligente, jolie, et vient de revenir vivre à New York. Et depuis, selon ses dires, « elle flirt trop ». Dater, c’est sortir avec quelqu’un, avec qui tu envisages sensiblement d’aller plus loin. Mais sous ce mot, tu inclus un peu tout… Un rencart avec un mec que tu as rencontré dans le métro ? (Of course tu ne cherches pas de nouveaux amis, et si tu as accepté de le revoir, c’est juste pour son beau sourire.) Oui, c’est un date. Un rendez-vous avec le gars avec qui tu sors depuis 4 mois ? (Pour toi c’est ton keum mais vous n’avez pas encore officialisé le truc en vous nommant boyfriend/girlfriend.) Oui c’est aussi un date. Un rendez-vous avec le copain de ta copine (qui te fait les yeux doux en scred), attention jeune naïve, c’est probablement aussi un date. En fait, dès qu’il y a anguille sous roche ou ambiguïté, tu peux y apposer le tampon DATE. Comme tu l’imagines, les New-Yorkais en sont friands. Ils abordent dans la rue beaucoup plus librement que nous, sourient, parlent, glissent un numéro de téléphone sur le ticket de caisse. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que le date peut se finir aussi vite qu’il aura commencé. Et l’Européenn(e) romantique que nous sommes, aurait tendance à fondre aux premiers mots doux (débités genre 5 minutes après l’échange de prénoms). Mais NON n’y croit pas jeune novice. L’art du date réside dans la façon de faire croire à l’autre qu’il est « spécial » alors que 2 heures plus tard, il/elle t’aura oublié ! En fait “dater” n’est pas limité dans le temps… ni dans le nombre. Tu peux dater plusieurs personnes au même moment, (oui oui, embrasser et tout et tout) c’est normal. Ce n’est pas tromper. Oh well ! Parce que la clé, c’est que le date n’est pas sensé impliquer de sentiments. Quand les sentiments arrivent, les ennuis aussi.

Qui dit date dit pas d’engagement : « People like to play, but they don’t like to commit » me dit Jessie. L’engagement fait peur, pourtant ils dépensent tellement d’énergie à trouver des gens qui rentrent dans leurs critères ! Elle me raconte que le premier date ressemble souvent à un entretien d’embauche sentimental. Que fais-tu ? Quel âge as-tu ? Ou vis-tu ? Combien gagnes-tu ? La loi veut que ce soit le mec qui paie le verre/dîner. S’il ne le propose pas, pas sûr qu’il y ait un  2ème date, voire, pas sûr que ça ait été un date en fait. (Euh oui…tous les RdV ne sont pas des dates, si tu vas prendre un café avec ton prof d’Histoire, arrête de te faire des films quoi !). Elle par exemple, elle a plusieurs dates sous le coude, elle me raconte qu’ils sont tous bien pour un ou deux trucs (monsieur discussion, monsieur bisou, monsieur concerts, monsieur resto…) mais qu’aucun n’a tout ce qu’elle cherche. Donc jusqu’à ce qu’elle trouve, bah… elle continue de tester ! Ses dates savent qu’elle voit d’autres mecs et sont OK avec ça. Ils font la même chose de toute façon ! Et quand elle se lasse de l’un ou l’autre, un petit texto et le tour est joué. « I don’t think we should see each other anymore. Please delete my number » (=Je pense qu’on devrait plus se voir, stp efface mon numéro). Easy la vie quoi ! Après ça, l’idée c’est que si elle en trouve un avec qui elle veut rester, bah elle dump les autres et elle devient fidèle à son copain. Autrement dit, ils deviennent un couple. Et être boyfriend/girlfriend aux US, c’est presque un statut social. C’est même assez dur d’y arriver. Mais impossible de franchir cette étape sans une discussion officielle. Putain de code ! Comme tu vois, tout est formaté. Ça te donne une idée de ce qui se passe ici sur le marché de l’amour !

Pour résumer, même si on a grandi en écoutant des chansons love RnB cainri et que les Boyz II Men ils avaient l’air vachement romantiques dans leurs clips, on est loin du modèle (qui était la norme pour moi) qui veut que tu considères l’homme avec qui tu sors comme ton petit copain. Ici, le temps doit faire ses preuves. Ne t’étonnes pas si ils/elles s’emballent vite, puis se dégonflent encore plus vite. Après en avoir souvent parlé avec mes compatriotes, les flirts avec les Cainris, c’est joli en apparence mais ça sonnent creux dans le fond. A mon sens, ça manque un peu de spontanéité, de romantisme et d’authenticité. Mais il faut l’expérimenter, flirter et sourire parce que ça fait partie intégrante de la culture locale. Vas y donc sur la pointe des pieds, ou sois ready à ramasser des lambeaux de cœur dans l’Hudson River…

Les règles en quelques lignes :

-Le 1er bisou est possible après un 1er date mais pas de galipettes avant le 3ème. (Si rien ne s’est passé au 4ème date, HELP)

-Le mec doit régler l’addition du 1er date.

-Si tu n’as pas de nouvelle au bout d’une semaine, tu t’inquiètes (sauf si toi non plus tu ne veux pas en donner !)

-Les Américains parlent souvent en étape lorsqu’ils évoquent une relation en construction : 1st base, 2nd base… A terme, le parcours sans faute dans leur esprit est date, boyfriend/girlfriend, fiancé et époux. (so cliché !)

-Attention, le One Night Stand (coup d’un soir) ne rentre pas dans la catégorie –date-

-Un livre avec les 35 règles du date est sorti : “The Rules”. La finalité ? Se faire passer la bague au doigt bien sûr ! Il y a même “The Rules II” qui vient de paraître tellement le 1er a eu du succès ! A lire… pour rire !

Aller, ca c’est cadeau, un petit extrait de “La Vérité Si Je Mens” (la vidéo a un vieux décalage sonore, mais elle illustre trop bien mon article !) Cheers!

36 Commentaires laisser un →
  1. 3 décembre 2009 3:51

    Merde, jme suis fait endormir à chaque fois, les cainries me sortaient “Sorry, no kiss on the first date”. La loose.
    Et j’avais aussi entendu parler de lieux et horaires spécifiques à chaque étape, genre 1st date Starbucks en afterwork, 2nd date resto dans la soirée, 3rd at your/my house la nuit. True?

  2. 3 décembre 2009 3:54

    Attends ca dépend à quel âge. Si c’était quand tu étais teenage, y’a moyen que ce soit no kiss the first date. Ou c’était une esquive. J’sais pas.
    Quant au reste, c’est possible, j’sais pas… moi j’ai jamais dépassé l’étape du Starbucks. :-) Ahaha

  3. Alleyesonyou lien permanent
    3 décembre 2009 4:07

    Pour reprendre mon commentaire sur twitter, ton article résume tout à fait la situation. j’ai vaguement tenté l’expérience, mais je comprenais rien. à l’inverse, une amie américaine venue vivre en France m’a demandé un jour à propos de mon copain et moi “quand est-ce que vous vous êtes dit que vous étiez boyfriend / girlfriend et que vous ne voyiez personne d’autre”, et moi étonnée “euh bah on se le dit pas, on sort ensemble et puis c’est tout, c’est évidemment exclusif.”
    ca me perturbe encore lol

  4. 3 décembre 2009 6:34

    Avoir des “plans” à gauche, à droite sans rendre de compte à l’autre…
    J’en connais plein d’ici qui ne diraient pas non.

    Intéressant ton article, j’pensais pas que les cainri se tapaient autant d’étapes avant d’officialiser leur couple.

  5. 3 décembre 2009 7:47

    Ma colocataire américaine a fait souffrir un pauvre hollandais à cause de ces règles. Au bout de 3 semaines de making out sessions, il y a croyait, mais elle l’a jeté parce que “he was too boyfriendy – you know what I mean?”
    C’est le vrai dépaysement de ce pays!

    Contente de trouver le blog d’une fellow-brooklynite!

  6. 3 décembre 2009 9:55

    Ahah! Sex and the city nous avait un peu montré la voie! Ca semble compliqué qd même

  7. 3 décembre 2009 11:21

    Ha ! Travelingirl: so true!
    Apparently our European romanticism loses the battle with the (disturbed) dating mentality of New Yorkers. Strange, because every New Yorker I’ve met tells me that the only thing they long for, is a romantic date in Paris,the city of love, where they drink a glass of champagne on the Eiffel Tower holding the hand of a classy European beauty…

    But let’s face it; Paris is for Lovers. New York is for chronic daters.

  8. 3 décembre 2009 11:37

    @alleyesonyou l’exclusivité est un concept américain on dirait. Pour nous ca va de soi. Pas pour eux!
    @Djeffix C’est plus compliqué qu’on ne le croit mais j’en connais aussi qui se ferait très bien au double date (voir pls personnes)
    @Virgo OMG! I know what you mean; L’équilibre n’est pas évident à trouver entre Européen fougeux et romantique et Américains plein de DATE principe
    @labeu Oui, Carrie Bradshaw nous a bien appris quand meme
    @An i LOVE the last sentence! Paris is for Lovers. New York is for chronic daters. Awesome.
    Thanks y’all!

  9. 8 décembre 2009 9:35

    j’ai comme l’impression que pour une periode donnée cette ville est faite pour moi

  10. 9 décembre 2009 8:51

    Superbe explication de texte ..
    Tu devrais le guide du parfait frenchy in NYC .. succès assuré ..

    Sinon pour les Dates et les exclus, je constate qu’on importe aussi pas mal avec les sexfriend et les relations “libres” jusqu’à officialisation ..

  11. 9 décembre 2009 8:54

    Dans ce domaine la aussi , on pourrait citer un célèbre philosophe du 9.2 : ” Paris c’est comme les States mais enleves au moins 10 ans “

  12. 9 décembre 2009 9:24

    haha les date… Typiquement américain, c’est sûr.
    Alors moi je me suis embrouillée un peu pour ça, je comprenais pas trop, le mec dit au tel “i’m with my homegirl right now”… Je le regarde “What? HOME GIRL ?? Is that the type of relation you have with all your homegirls??” et il me dit “You want to be my girlfriend?” je dis bah oui normal, et de la voilà, j’étais sa girlfriend lol mais je pense qu’il était tellement habitué au date justement. Il a pas du comprendre non plus, “elle va vite elle” lol.
    Et après j’ai eu un date de…. 8 mois! Truc impossible en France bien sur, c’est ton mec en 8 mois (et quand j’en parle ici on me dit “bah c’était ton mec”.. Et bah non! Tout comme dans la relation en fait!) mais non c’était mon date. MAIS attention, là où ca a été encore plus ambiguë pour moi, c’est qu’on ne voyait, chacun, personne à côté. Et qu’on se voyait très souvent et on faisait bcp de chose ensemble ET j’avais les clefs de chez lui. Alors j’ai été assez perturbé ma foi. :/ Bon après je suis rentré en France ! ah

    Mais ouais c’est un très bon article pour ceux qui veulent aller à NYC, important à savoir tout ça. J’aurais aimé qu’on me prévienne avant, ca aurait été plus simple lol.

  13. 9 décembre 2009 5:52

    Rappelle moi de ne jamais avoir de date à NYC… Beaucoup trop compliqué ^^
    Et je suis assez d’accord avec Buskape pour ‘le guide du parfait frenchy à NY’ ;D

  14. 10 décembre 2009 9:58

    Putain Marie tjs a faire des kilometres de texte!!!

  15. 12 décembre 2009 11:21

    @Buskape : Je penserai au guide! Thanks
    @Alisha : Ahah! Excellent anecdote! Assez confusing right!?
    @Fio : Ca fait partie du jeu! Il faut essayer… Et ok, je note aussi pour le guide! :-)
    @Merlin : Oui plein de mecs sont assez contents de ce système! Déménage… :-)

  16. Corentin lien permanent
    28 décembre 2009 9:28

    Lol .. je suis passe par la aussi mais ajoute une french touch au style cainri .. success assure! ;)

  17. NiNeTTe lien permanent
    4 janvier 2010 4:34

    Trop compliquée,mais assez drôle quand même cette histoire
    très bon article

    PS: je suis nouvelle ici,donc excusez mon inculture :) mais que veut dire le terme “cainri”

    • 4 janvier 2010 4:41

      Hello Ninette, Cainri, ca veut dire “Américain” en verlan. C’est très utilisé par les jeunes en France. Donc on dit les “Cainri” pour parler des Américains, mais on peut qualifier un peu n’importe quoi… La culture Cainri, la mode Cainri… qui renvoit donc à américaine!
      Voilà merci pour ton com’
      Enjoy!

  18. 5 janvier 2010 9:59

    Super complique! A mon avi, une vraie perte de temps! On n’accumule que de bonnes anecdotes pour faire rigoler et on se reveille 10 ans plus vieux, seuls. Comme Carrie et sa clique dans sex in the city.

  19. 25 février 2010 6:19

    il est énorme ton article ! c’est rigolo comme les mœurs sont différentes des nôtres.. (quoique ça arrangerait bien les mecs !)

    ça explique bcp de choses que l’on voit dans les séries américaines !

    mais est-ce spécifique à NY ?

  20. 25 février 2010 6:42

    moi j’me suis meme pas poser la question, il m’a plu j’ ai couché avec lui le premier soir et c’était mon boyfriend pour un an.

  21. 25 février 2010 7:20

    Whoua, mais comment c’est trop compliqué. On dira ce qu’on voudra, mais ici, je trouve ça plus simple… On est ensemble ou on ne l’est pas. Point, pas d’étapes à respecter. Et quand ils divorcent, ils ont des étapes aussi ou quoi?
    Et le Fuck Friend ça existe à NY?

    (non mais vraiment, je trouve ça complétement fou!)

  22. 29 novembre 2010 9:02

    Oh merde alors pfff!! Le beau dominicain qui m’avait dit plein de fois que j’étais belle et qui a pris mon e-mail! c’est mort, pffff il va jamais m’écrire!
    Si je vais vivre là-bas (SDV), je vais avoir le coeur brisé tout le temps alors? Sur Paris, je galère à trouver un mec alors que qd j’ai été à New York j’ai eu droit à des “you are beautiful” “you have beautiful eyes”. Alors maintenant que tu me dis que ça sonne creux, je me demande qu’est-ce qui est pire?

  23. 7 octobre 2011 4:06

    Il paraît qu’ils poussent le “safe sex” si loin qu’ils aseptisent complétement leur corps : désodorant à foison, épilation et crèmes de beauté même pour les mecs , chirurgie esthétique à 20 ans (à moins que çà ce ne soit une spécialité californienne), mâchage de chwing gum intensif pour éviter toute “mauvaise haleine” lors du frenchkissing, sainte horreur devant la moindre excrétion corporelle (la transpiration est taboue), bref du puritanisme si les mots ont un sens, est ce vrai ou est ce que j’exagère?

  24. 30 janvier 2012 8:23

    ha ha (oué j’ai sauté des chapitres).

    J’ai lu le livre de Neil Strauss il y a 2 ans, “The Game”, ça parle des pick up artists. J’ai trouvé que ce n’était pas du tout transposable à la culture du “dating” à la Française. Ton billet me confirme le pourquoi. Mais pas plus tard que la semaine dernière sur nrj12 ou nt1, il y avait une émission qui suivait le parcours d’un mec qui voulait devenir séducteur professionnel (façon Big Wil dans Hitch). Il montait à Paris pour recevoir une formation des pick up artist Parisiens qui reprenaient mot pour mot les méthodes décrites dans le livre et les “codes” que tu décris. Mais sans grand succès… 2 ans.. C’est long pour mal reprendre une mode …

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